Pourquoi cette page ?
Integritas Systemica est née dans la Forge ZEON d'une interrogation simple, mais exigeante : avant qu'une action ne transforme une situation, comment discerner si elle préserve ce qui doit l'être, respecte les limites légitimes et laisse une responsabilité intelligible ?
La question devient particulièrement concrète avec les systèmes d'intelligence artificielle capables de proposer, préparer ou déclencher des actions ayant des conséquences réelles.
Cette page raconte une rencontre autour de cette question, portée par une amitié qui remonte à 1996. Elle ne confond ni les rôles, ni les travaux, ni leurs états de maturité. Elle rend visible ce que chacun apporte à une œuvre commune.
Une amitié de trente ans
Michel Vandenberghe et Adel Amri se sont rencontrés en 1996, chez Sun Microsystems. Depuis, leurs chemins professionnels et intellectuels ont suivi leurs propres trajectoires, sans rompre le lien qui les unit.
Trente ans plus tard, leur rencontre autour d’Integritas Systemica ne naît donc pas d’une collaboration de circonstance. Elle s’inscrit dans une histoire humaine bien plus longue.
Cette fraternité ne gomme ni leurs différences ni l’autonomie de leurs recherches. Elle donne à la transmission de la clé une profondeur particulière : la confiance précède le travail commun, et chacun reste libre d’apporter ce que lui seul peut apporter.
Le point de départ
Le 30 juillet 2026, Michel transmet à Adel Amri la clé Integritas Systemica v1.0. Elle porte une orientation : ne pas réduire la décision à la capacité technique d'agir, mais examiner les conditions dans lesquelles une action peut être tenue pour recevable.
Adel, chercheur et ingénieur familier des systèmes d'IA, choisit de travailler cette clé dans son propre champ. Il ne se contente pas de la commenter : il cherche à la formaliser, à en éprouver les mécanismes et à construire une référence expérimentale.
Ce qu'Adel a apporté
Le 6 octobre 2026, Adel présente un manuscrit de recherche intitulé Before AI Agents Act: Integritas Systemica for Governing Consequential Actions, signé par Adel Amri et Michel Vandenberghe. Il s'agit de la version 12 du manuscrit, élaborée à partir de la clé IS v1.0 : ces numérotations ne désignent pas la même chose.
Le papier propose une traduction formelle et technique de la question du passage à l'action. Il introduit notamment les notions de Coherency Envelope, Local Cone, Action Preservation Contract et Assurance Vector, articulées avec une chaîne de compilation et de contrôle comprenant Foundry, Zeon Compiler et Safety Kernel.
Le travail décrit une implémentation de référence autour d'un point d'application PostgreSQL, ainsi que des vérifications expérimentales : 54 tests automatisés réussis, 192 cas d'oracle fini et une régression SQL native distincte, selon les résultats rapportés dans le manuscrit.
Ces résultats sont précieux parce qu'ils rendent les propositions discutables, testables et améliorables. Ils ne constituent pas, à eux seuls, une preuve de sûreté générale pour tous les agents, tous les environnements ou toutes les actions possibles.
La contribution singulière d'Adel
Adel apporte sa rigueur scientifique, son expérience de l'ingénierie et une démarche de vérification. Il donne à la clé une forme expérimentale que son origine conceptuelle ne contenait pas encore. Cette contribution lui appartient pleinement ; elle enrichit le travail commun sans effacer sa provenance.
Deux chemins qui avancent
Pendant qu'Adel poursuivait ses recherches à partir d'IS v1.0, la Forge ZEON continuait elle aussi son travail. Integritas Systemica a évolué vers la v1.4 et ses articulations avec d'autres éléments de l'architecture ZEON ont été approfondies.
Il faut donc distinguer deux trajectoires : d'un côté, la formalisation scientifique et l'expérimentation engagées par Adel à partir de la v1.0 ; de l'autre, l'évolution de la clé et de son environnement architectural au sein de la Forge. Le papier d'Adel ne prétend pas implémenter IS v1.4.
La rencontre entre ces trajectoires reste un travail à conduire : comparer les formulations, identifier les convergences et les écarts, éprouver les interfaces, préserver les acquis et laisser chaque contribution transformer utilement l'autre.
Quelques jalons
Le troisième cycle : des clés qui vivent
Le troisième cycle de ZEON n'est pas seulement une étape supplémentaire de conception. C'est le temps où les clés commencent à être appropriées par d'autres humains, confrontées à des contraintes réelles, expérimentées, discutées et, lorsqu'elles sont suffisamment éprouvées, rendues utiles et transmissibles.
Le travail d'Adel en est une première manifestation concrète : une clé reçue devient, dans un autre univers de compétence, un ensemble de propositions formelles, de mécanismes et de tests.
La suite ne consiste pas à juxtaposer des pièces isolées. Elle consiste à examiner comment Integritas Systemica, les architectures de passage gouverné et les autres travaux de la Forge peuvent coopérer sans effacer les responsabilités, les limites ni les contributions propres à chacun.
Une co-forge, pas une confusion des œuvres
Michel porte la continuité de la clé et de son inscription dans la Forge ZEON. Adel porte un travail scientifique et technique original, développé à partir de la clé reçue. Le manuscrit signé des deux noms exprime leur lien de travail ; il ne rend pas leurs contributions interchangeables.
Enracinée dans trente ans d’amitié, cette co-forge ne se réduit pas à une répartition des tâches. Le mot co-forge désigne ici une relation vivante : transmettre sans capturer, recevoir sans simplement reproduire, reconnaître ce qui a été créé et ouvrir la possibilité d'un nouvel engendrement commun.
La prochaine étape sera de confronter les travaux, de documenter leurs correspondances et leurs différences, puis de choisir ensemble les expérimentations qui méritent d'être poursuivies. Rien de cela n'exige de déclarer achevée une recherche encore en mouvement.
Pour aller plus loin
Ces liens ouvrent le contexte public de la Forge. Le manuscrit d'Adel n'est pas reproduit ni proposé au téléchargement ici tant qu'un emplacement public de référence n'a pas été confirmé.