Préserver la capacité de choisir
Des transformations de la guerre à la traversée des épreuves : étude sur le pouvoir, le temps humain, le discernement et la possibilité de préparer demain sans décider à la place des humains.
Résumé
Cette étude part d'un constat simple : les moyens de destruction se distribuent, les systèmes apprennent à devenir plus résilients, les temps de réaction se contractent et les frontières classiques du champ de bataille deviennent plus difficiles à maintenir. Mais ce constat ne suffit pas.
Une lecture purement technologique ou purement systémique manquerait deux réalités essentielles : le pouvoir demeure fortement hiérarchisé dans de nombreuses fonctions décisives, et les transformations humaines, institutionnelles et politiques sont beaucoup plus lentes que les transformations techniques. Les structures chargées de conduire l'adaptation peuvent en outre avoir pour premier réflexe de préserver leur propre continuité, parfois au prix de coûts considérables transférés vers d'autres.
La question centrale n'est donc ni de prédire l'effondrement, ni d'imaginer une solution qui remplacerait les choix humains. Elle devient : comment préserver, au travers des épreuves, la capacité des humains à comprendre, discerner, choisir, transmettre et engendrer eux-mêmes leur avenir ?
Nous ne préparons pas le destin des humains. Nous pouvons seulement contribuer à préserver les conditions qui leur permettront encore de le choisir.
1. Point de départ : la transformation de la puissance de nuire
Le raisonnement commence avec une mutation observable depuis plusieurs années : certaines capacités de destruction deviennent plus accessibles, plus nombreuses, plus mobiles et plus distribuées. La difficulté n'est plus seulement de faire face à une puissance concentrée, mais à une multiplicité de vecteurs, d'acteurs, de technologies, de relais et de capacités de reconstitution.
Dans un tel monde, une défense très dense peut encore être concentrée autour de quelques sites sensibles. Mais elle ne peut pas être étendue avec la même intensité à l'ensemble d'un territoire, de ses infrastructures, de ses réseaux, de ses ressources et de ses populations.
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multiplication des vecteurs et des points d'origine
↓
augmentation des besoins de détection et de défense
↓
compression du temps de réaction
Le problème n'est donc pas seulement quantitatif. Il touche à la structure même du temps disponible pour comprendre une situation avant d'agir.
2. La résilience change la nature de la confrontation
À mesure que la destruction cherche les centres, les systèmes apprennent à survivre à la perte des centres. Ils dispersent les fonctions, dupliquent les capacités, enterrent certaines infrastructures, développent des mécanismes de continuité et rendent une partie des décisions plus locales.
Plus un système devient résilient, moins il présente de centre unique dont la destruction suffirait à l'arrêter.
Une conséquence apparaît immédiatement : si détruire le centre ne suffit plus, la recherche de ce qu'il faudrait neutraliser tend à s'étendre. Davantage de nœuds deviennent stratégiques, davantage de réseaux deviennent critiques, davantage de fonctions civiles et militaires deviennent interdépendantes.
C'est ici qu'apparaît l'idée d'un champ de bataille sans limite nette. Non pas parce que tout serait légitimement une cible, mais parce que la capacité de combattre dépend progressivement d'un ensemble élargi de fonctions : énergie, communications, données, industrie, logistique, espace, finance, information, perception.
3. Le vrai basculement : la guerre peut devenir une propriété du système
Lorsque le front et l'arrière se mélangent, lorsque les infrastructures civiles deviennent nécessaires à des fonctions stratégiques, lorsque l'information et la perception influencent directement la décision, la guerre cesse progressivement d'être seulement un événement circonscrit dans un espace donné.
Elle peut devenir une propriété possible du système humain tout entier : une tension permanente qui traverse les réseaux, les institutions, les territoires et les représentations.
4. Mais le monde distribué reste profondément hiérarchisé
C'est ici qu'une analyse systémique trop abstraite devient insuffisante.
Les moyens peuvent se distribuer sans que le pouvoir de décision se distribue de la même manière. Dans de nombreux domaines décisifs, les sociétés humaines restent fortement hiérarchisées : États, armées, institutions, grandes organisations, infrastructures financières, technologies critiques, chaînes de commandement.
La distribution des moyens ne signifie pas la distribution du pouvoir.
Certains acteurs disposent d'une capacité très supérieure à celle des autres pour définir les priorités, fixer les sacrifices considérés comme acceptables, attribuer les ressources, imposer des contraintes, déplacer les risques et décider qui supportera les conséquences.
Cette asymétrie doit rester au centre du discernement. Une crise n'est jamais uniquement le produit d'un « système » abstrait. Des décisions sont prises. Elles le sont par des humains et par des institutions situées dans des rapports de pouvoir réels.
5. Une divergence décisive : le temps technologique et le temps humain
La puissance technique peut se transformer très rapidement. Les systèmes humains beaucoup moins.
temps opérationnel : très court
temps institutionnel : long
temps culturel et anthropologique : très long
Cette divergence crée une vulnérabilité majeure. Nous pouvons introduire dans nos sociétés des capacités dont les conséquences apparaissent beaucoup plus vite que notre aptitude collective à les comprendre, les réguler ou les intégrer.
Dans certains domaines, les structures de gouvernance évoluent lentement parce qu'elles sont prudentes. Dans d'autres, elles évoluent lentement parce qu'elles sont traversées par des intérêts, des dépendances, des routines et des mécanismes de conservation.
6. La difficulté du pouvoir : transformer ce dont on dépend
Les institutions qui devraient conduire une transformation profonde sont souvent celles qui ont été constituées par l'ordre existant. Elles vivent de ses règles, de ses catégories, de ses procédures, de ses équilibres et parfois de ses asymétries.
Elles peuvent alors rencontrer une contradiction structurelle : transformer réellement le système peut signifier réduire leur propre centralité, perdre une partie de leur pouvoir ou remettre en cause les conditions de leur propre reproduction.
Une gouvernance peut continuer à se présenter comme protectrice du système alors qu'une part croissante de son énergie sert à préserver sa propre continuité.
Et cette continuité peut avoir un prix : humain, économique, territorial, écologique ou générationnel. Une partie de ce prix peut être transférée vers ceux qui disposent du moins de pouvoir pour le refuser.
Cette réalité oblige à sortir de l'idée naïve selon laquelle une meilleure architecture suffirait. Une architecture nouvelle doit composer avec des structures anciennes qui possèdent déjà des moyens, des intérêts, des récits de légitimation et des capacités de contrainte.
7. Ne pas prédire la catastrophe — ne pas en détourner le regard
Il serait tout aussi erroné de conclure que la destruction est inévitable. Nous ne savons pas quel chemin les sociétés humaines suivront, ni quelles bifurcations, coopérations, résistances ou innovations apparaîtront.
Mais l'incertitude ne justifie pas l'aveuglement. Des destructions importantes restent possibles : pertes humaines, déplacements, ruptures d'infrastructures, effondrements économiques locaux, atteintes au vivant, traumatismes collectifs, perte de savoirs et rupture de continuités sociales.
Deux erreurs doivent donc être refusées en même temps :
La posture recherchée est plus exigeante : tenir la possibilité de la destruction sans en faire un destin.
8. Le déplacement : de la survie à la traversée
C'est ici que la question change de nature.
Le mot « résilience » est insuffisant s'il signifie seulement revenir à l'état précédent. Après certaines épreuves, revenir comme avant peut être impossible, ou simplement indésirable.
Il faut alors penser en termes de traversée : conserver suffisamment de vivant, de liens, de mémoire, de discernement et de capacité d'organisation pour que plusieurs futurs restent encore possibles.
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voir ce qui est
↓
discerner
↓
préserver
↓
transformer
↓
transmettre
↓
engendrer
9. Trois temps pour préparer demain
Avant l'épreuve
Réduire les vulnérabilités inutiles, développer les capacités humaines, préserver les savoirs, transmettre les pratiques de discernement, renforcer les liens, expérimenter des formes alternatives et maintenir ouverts plusieurs futurs possibles.
Pendant l'épreuve
Protéger les humains, maintenir les fonctions vitales, limiter les emballements, résister à la polarisation, préserver la possibilité du jugement et empêcher que l'urgence ne détruise toutes les capacités de choix.
Après l'épreuve
Ne pas reconstruire automatiquement l'ancien. Distinguer ce qui doit être réparé, ce qui doit être abandonné, ce qui mérite d'être transmis et ce qui peut enfin être engendré autrement.
Préparer demain ne signifie pas dessiner à l'avance le monde qui devra venir. Cela signifie préserver les conditions permettant aux humains de continuer à choisir.
10. Ce qu'il faudrait préserver chez l'humain
À ce point du raisonnement, la question n'est plus de savoir quelle architecture devrait s'imposer, ni quel système serait capable de remplacer les précédents.
Elle devient beaucoup plus simple et beaucoup plus exigeante : qu'est-ce qui doit rester vivant chez l'humain pour qu'il puisse encore choisir son devenir ?
Les épreuves peuvent détruire des infrastructures, déplacer des populations, rompre des continuités, épuiser les ressources et modifier brutalement les conditions de vie. Mais elles peuvent aussi atteindre quelque chose de moins visible : la capacité à penser, à relier, à faire confiance, à discerner, à transmettre et à imaginer autre chose que la répétition de ce qui vient d'échouer.
Une société peut survivre matériellement à une crise et perdre pourtant une partie de sa capacité à choisir.
11. Les capacités de traversée
Traverser ne signifie donc pas seulement tenir. Cela signifie conserver suffisamment de facultés humaines pour ne pas être entièrement déterminé par l'épreuve elle-même.
Ces capacités de traversée ne sont pas toutes spectaculaires. Elles se développent dans l'éducation, dans les pratiques de coopération, dans la qualité des relations, dans l'autonomie de jugement, dans la transmission intergénérationnelle et dans les institutions capables de ne pas confondre leur propre continuité avec l'intérêt du vivant.
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ne pas céder immédiatement à la fermeture
↓
discerner les possibles
↓
préserver ce qui doit l'être
↓
choisir
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agir
↓
apprendre
↓
transmettre
La traversée ne supprime pas la souffrance ni les pertes. Elle cherche à empêcher que celles-ci détruisent aussi la possibilité d'un avenir différent.
12. Maintenir un espace de choix
Dans les périodes de forte contrainte, le danger n'est pas seulement de perdre des ressources. Il est aussi de voir se réduire progressivement l'espace dans lequel les humains peuvent encore choisir.
La peur, l'urgence, la désinformation, la dépendance, la fatigue et la concentration du pouvoir peuvent rendre certaines décisions presque automatiques.
Préserver la capacité de choisir suppose donc de maintenir des conditions très concrètes : du temps pour comprendre lorsque cela reste possible, des informations contradictoires accessibles, des lieux de discussion, des savoirs distribués, des formes d'entraide, des contre-pouvoirs, des capacités locales d'action et des espaces où le désaccord n'est pas immédiatement traité comme une menace.
La liberté de choix ne se préserve pas seulement par des principes. Elle dépend d'infrastructures humaines, sociales, culturelles et matérielles.
13. Ne pas enfermer demain dans les solutions d'aujourd'hui
Il existe un autre risque : vouloir tellement préparer l'avenir que l'on finit par le dessiner à la place de ceux qui devront le vivre.
Les générations présentes peuvent préparer des ressources, transmettre des savoirs, éviter certaines pertes irréversibles et créer des espaces d'expérimentation. Elles ne peuvent pas connaître à l'avance les formes politiques, sociales, économiques ou culturelles qui seront justes dans des contextes futurs encore inconnus.
Préparer demain consiste donc moins à produire un modèle final qu'à préserver des capacités d'adaptation, de jugement et d'engendrement.
14. La transmission comme responsabilité
Si les transformations humaines prennent du temps, la transmission devient une question centrale. Une génération ne peut pas tout transformer. Elle peut en revanche transmettre à la suivante des capacités plus fortes — ou plus faibles — pour affronter ce qui vient.
Transmettre ne consiste pas seulement à préserver des connaissances. Il faut également transmettre des manières de questionner, de coopérer, de reconnaître l'incertitude, de résister aux simplifications et de revenir sur une décision lorsqu'elle produit des effets destructeurs.
Ce que nous transmettons de plus important n'est peut-être pas une réponse, mais une capacité à continuer à chercher lorsque nos réponses ne suffisent plus.
15. Une dynamique humaine possible
Si l'on rassemble les éléments de cette étude, une dynamique apparaît. Elle ne repose ni sur l'idée d'une transformation rapide de toutes les institutions, ni sur l'hypothèse d'un effondrement inévitable.
Elle repose sur une accumulation patiente de capacités humaines et collectives qui peuvent se révéler décisives lorsque les circonstances changent.
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discernement
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préservation du vivant et des liens
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capacité de choix
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passage à travers l'épreuve
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apprentissage
↓
transmission
↓
nouvel engendrement
Cette dynamique peut prendre des formes multiples. Elle peut exister dans une famille, une école, un collectif, une commune, une institution, un réseau de professionnels, une communauté scientifique, une organisation ou un outil numérique.
Elle n'a pas besoin de porter un même nom ni de suivre une doctrine commune. Ce qui importe est la capacité réelle qu'elle laisse aux humains pour voir, choisir et agir.
16. Une place possible pour les outils de discernement
Des méthodes, des pratiques, des outils ou des systèmes d'accompagnement peuvent contribuer à renforcer certaines de ces capacités.
Ils n'ont de valeur que s'ils restent à leur place : ils peuvent aider à voir, à relier, à questionner ou à ralentir une fermeture trop rapide, mais ils ne doivent pas décider à la place de l'humain.
Dans cette perspective, le travail ZEON peut être compris comme une tentative parmi d'autres pour équiper certaines de ces capacités de discernement, de passage et de transmission. Il n'est ni le centre de cette transformation, ni sa finalité.
Sa contribution devient d'autant plus cohérente qu'elle peut rester discrète : une pratique peut être utile sans imposer son origine, un outil peut aider sans réclamer l'adhésion, une transmission peut circuler sans chercher à devenir un nouveau centre de pouvoir.
L'outil est juste lorsqu'il augmente la capacité humaine à choisir sans chercher à devenir celui qui choisit.
17. Hypothèse centrale de l'étude
L'ensemble de cette réflexion conduit à une hypothèse simple :
Dans une période où la puissance technique croît plus vite que la capacité humaine et institutionnelle à la gouverner, l'un des enjeux essentiels est de préserver chez les humains suffisamment de liberté, de discernement, de liens, de mémoire et de capacité d'agir pour que leur avenir ne leur soit pas simplement imposé.
Cette hypothèse n'efface ni les rapports de pouvoir, ni les destructions possibles, ni la lenteur des transformations. Elle les prend comme conditions réelles de la traversée.
Elle ne promet pas qu'une traversée réussira. Elle cherche seulement à augmenter les conditions qui permettent encore de choisir.
18. Questions de recherche ouvertes
- Quelles capacités humaines deviennent décisives lorsque les temps de décision se contractent ?
- Qu'est-ce qui doit être préservé en priorité pour que plusieurs futurs restent possibles ?
- Comment protéger les humains sans transformer durablement la protection en dépossession de leur capacité de choix ?
- Comment reconnaître les situations où la protection d'une institution devient principalement la protection de sa propre survie ?
- Comment développer des capacités locales sans ignorer les rapports de pouvoir globaux ?
- Comment transmettre sans créer une nouvelle dépendance, une nouvelle doctrine ou une nouvelle centralité ?
- Comment maintenir le discernement lorsque l'urgence favorise la simplification, la polarisation et la concentration du pouvoir ?
- Comment faire en sorte que les outils d'aide au discernement renforcent réellement le jugement humain au lieu de le remplacer ?
- Quelles formes de savoir, de relation et d'organisation peuvent traverser les générations sans figer ce qu'elles cherchent à maintenir vivant ?
19. Repères documentaires
Les références ci-dessous n'ont pas pour fonction de démontrer le scénario prospectif proposé par cette étude. Elles documentent les principales transformations à partir desquelles le raisonnement a été construit. La distinction est importante : les constats sont documentés ; leur mise en relation et les hypothèses de traversée qui en découlent restent proposées au discernement.
Le SIPRI Yearbook 2026 décrit l'augmentation de la demande, de la production et de l'exportation des missiles et drones armés. Il souligne l'accessibilité et la polyvalence croissantes des UAV, l'emploi de salves de saturation destinées à submerger les défenses et la course parallèle aux contre-mesures.
SIPRI, « Proliferation and use of missiles and armed uncrewed aerial vehicles », SIPRI Yearbook 2026.
https://www.sipri.org/yearbook/2026/09
La stratégie numérique de l'OTAN publiée en 2026 met explicitement l'accent sur les réseaux résilients, la continuité des services critiques et des solutions techniques redondantes et diversifiées pour des quartiers généraux fixes, mobiles et dispersés. La politique de défense aérienne et antimissile de l'OTAN souligne également le recours à des nœuds de commandement distribués et à des réseaux résilients.
NATO, Alliance Digital Strategy, 13 janvier 2026.
Alliance Digital Strategy
NATO, Integrated Air and Missile Defence Policy, 13 février 2025.
Integrated Air and Missile Defence Policy
Le CICR observe que les télécommunications, services cloud et centres de données civils soutiennent des services essentiels tout en pouvant être utilisés, au moins partiellement, à des fins militaires. Il insiste sur les risques structurels et sur les effets en cascade possibles à travers des systèmes numériques fortement interconnectés, sans pour autant considérer automatiquement ces infrastructures comme des objectifs militaires.
ICRC, Wen Zhou, « Upholding IHL protections against the risks of ICT activities in armed conflict »,
23 avril 2026.
Article du CICR
L'UNIDIR décrit l'IA comme une technologie susceptible de transformer profondément la conduite de la guerre et relève des risques de mauvaise perception, de dysfonctionnement, d'escalade involontaire et de perte d'agence ou de contrôle humain. Les travaux récents sur l'IA militaire placent ainsi la préservation de l'agence humaine au cœur des questions de gouvernance.
UNIDIR, « Artificial intelligence », programme Security and Technology.
https://unidir.org/focus-area/artificial-intelligence/
UNIDIR, The Global Prism of Military AI Governance, 2 février 2026.
Publication UNIDIR
Les travaux du Conseil consultatif du Secrétaire général de l'ONU pour les questions de désarmement, relayés par l'UNIDIR, ont souligné que les développements scientifiques et technologiques pertinents pour la sécurité et le désarmement progressent plus vite que la capacité des cadres normatifs et de gouvernance à en gérer les risques. Ils relèvent notamment les difficultés liées à la convergence entre IA, systèmes autonomes, cyber, espace et systèmes nucléaires.
United Nations / UNIDIR, rapport du Advisory Board on Disarmament Matters, 2025.
Rapport
En 2026, le CICR relève que les systèmes d'aide à la décision fondés sur l'IA sont de plus en plus intégrés en amont de l'usage de la force : planification, évaluation des effets et anticipation des dommages. Dans des environnements urbains et infrastructurels fortement interconnectés, leur utilisation soulève des questions directes sur la qualité du jugement humain et les conséquences humanitaires des décisions.
ICRC, Yéelen Marie Geairon, « Deciding under algorithms: artificial intelligence and the protection of
civilian infrastructure in armed conflict », 12 mars 2026.
Article du CICR
Ces repères ont été retenus prioritairement pour leur caractère institutionnel ou de recherche, leur proximité avec les thèmes étudiés et, lorsque cela était possible, leur actualité en 2026. Ils ne constituent pas une bibliographie exhaustive.
Conclusion
Nous ne savons pas quelles épreuves viendront, quelle sera leur intensité, ni quelles bifurcations les sociétés humaines choisiront.
Nous savons en revanche que la puissance technique, les rapports de pouvoir, les vulnérabilités systémiques et les temps de transformation ne progressent pas au même rythme. Nous savons également que certaines pertes peuvent être profondes et que leur coût sera d'abord humain.
Il serait donc imprudent de prédire un avenir. Il serait tout aussi imprudent de renoncer à le préparer.
Préparer demain pourrait signifier ceci :
Regarder lucidement les destructions possibles.
Ne pas les transformer en destin.
Préserver le vivant et ce qui permet encore de faire monde.
Développer les capacités humaines de traversée.
Maintenir ouvert l'espace du choix.
Transmettre sans enfermer l'avenir.
Et laisser aux humains la responsabilité de leur devenir.
Nous ne savons pas quel monde les humains choisiront. Notre responsabilité présente est peut-être plus modeste et plus exigeante : faire en sorte qu'au moment des choix décisifs, ils disposent encore de suffisamment de liberté, de discernement, de liens, de mémoire et de capacité d'agir pour que leur avenir ne leur soit pas simplement imposé.