Le vécu
Ce que les personnes expérimentent : travailler, se déplacer, payer, se soigner, éduquer, entreprendre, habiter un territoire.
Une parole souvent située, imparfaite, subjective — mais directement reliée à l’expérience.
« Le téléphone devient une urne » est une image simple pour comprendre le projet Référendum Citoyen. Mais l’enjeu est plus large : construire un passage entre ce que les citoyens vivent, ce qu’ils veulent exprimer et ce qui peut finalement devenir une décision collective.
Alexandre Jardin présente depuis plusieurs mois son projet à partir d’un diagnostic : selon lui, une partie de la parole issue de la vie quotidienne parvient difficilement jusqu’aux lieux de décision politique. Son mouvement des « Gueux », ses échanges publics et son livre Les Gueux — Le retour s’inscrivent dans cette lecture.
Ce que les personnes expérimentent : travailler, se déplacer, payer, se soigner, éduquer, entreprendre, habiter un territoire.
Une parole souvent située, imparfaite, subjective — mais directement reliée à l’expérience.
Les institutions, élus, administrations et procédures qui transforment des problèmes collectifs en arbitrages, règles et politiques publiques.
Un monde qui exige des formulations précises, des règles, des responsabilités et des procédures.
Le dispositif publié par Référendum Citoyen combine plusieurs briques. Les mots techniques deviennent plus faciles à comprendre lorsqu’on les traduit par leur fonction.
L’application rassemble la question, les arguments et l’acte de vote.
La puce de la carte d’identité est lue par le téléphone afin de contribuer au principe « une personne, une voix ».
Le site décrit un mécanisme visant à prouver le droit de voter sans publier l’identité ni le choix du votant.
Chaque bulletin est inscrit dans un registre consultable afin de permettre la vérification du comptage.
Le site annonce une assistance pour produire une question claire, des arguments pour et contre et des chiffres sourcés.
Les règles publiées indiquent qu’à 500 000 soutiens confirmés, une question devient un référendum citoyen dans l’application.
La cryptographie peut contribuer à protéger le vote. Mais lorsque l’IA intervient en amont pour transformer une intention en question publique, un autre problème apparaît.
L’IA peut rendre une idée plus claire… mais aussi déplacer légèrement son sens.
Ajouter des arguments, sources ou conséquences peut introduire de nouveaux choix qui n’étaient pas dans l’intention initiale.
Une formulation validée peut ensuite être reprise par d’autres mécanismes et produire des effets non explicitement autorisés.
Une autorisation initiale risque d’être interprétée comme une permission implicite pour toute une chaîne d’actions qui en découlent.
Le passage vers B dépend de règles explicites. Et le passage de B vers C peut exiger une nouvelle qualification ou une nouvelle autorisation.
Dans un système assisté par IA, une sortie devient souvent l’entrée d’un autre processus. C’est ici que la gouvernance des passages devient plus importante que la simple validation d’un texte.
Identité admissible, unicité, anonymisation, enregistrement, auditabilité, vérification du résultat.
C’est principalement le domaine de l’authentification, de la cryptographie et du registre.
Origine de l’intention, reformulations, changements de statut, limites d’autorité, conditions, versions, traces et contestabilité.
C’est ici que RA-153.1-2 peut apporter une couche de gouvernance complémentaire.
Une architecture sérieuse peut rendre ces questions explicites plutôt que de les laisser cachées dans le fonctionnement logiciel.
ZEON Systems est une association de recherche et d’expérimentation autour des relations entre humains, technologies, intelligence artificielle et formes d’organisation. Notre question n’est pas seulement : que permet la technologie ? Elle est aussi : comment l’utiliser sans perdre l’humain en chemin ?
Une infrastructure démocratique ne se résume pas à l’authentification, au calcul ou à la vitesse. Elle engage aussi la responsabilité, la compréhension, le consentement et la capacité de rester auteur de ce qui est fait en son nom.
L’IA et l’automatisation peuvent déplacer silencieusement le lieu où une décision est prise : dans une reformulation, une règle, un seuil, un classement ou une chaîne d’actions qui semble purement technique.
Une transformation institutionnelle ou technologique touche des personnes, des histoires, des territoires, des habitudes et des relations de confiance. Aller vite ne suffit pas ; il faut aussi préserver les conditions d’appropriation et de compréhension.
Relier ne signifie pas uniformiser. Une architecture de participation doit permettre l’expression de différences réelles sans les réduire artificiellement à une moyenne, à une catégorie ou à une formulation standardisée par la machine.
Une proposition, une reformulation ou une décision assistée par IA doit rester contestable. L’humain doit pouvoir revenir sur ce qui a été produit, en discuter les prémisses, demander une correction ou refuser qu’une représentation lui soit attribuée.
Nous privilégions l’idée d’une transition douce : expérimenter, vérifier, corriger, conserver ce qui fonctionne, permettre le retrait et éviter de rendre irréversible trop tôt ce qui ne l’est pas encore.
C’est pourquoi le projet Référendum Citoyen entre en résonance avec notre travail. Non parce qu’il serait un projet ZEON, ni parce que nous partageons nécessairement toutes ses options, mais parce qu’il pose concrètement plusieurs questions que nous explorons : comment relier citoyens et institutions, monde vécu et décision publique, intelligence humaine et intelligence artificielle, continuité démocratique et nouvelles possibilités techniques.
Dans cette perspective, RA-153.1-2 n’est qu’une pièce d’un travail plus vaste. Il cherche à rendre visibles et gouvernables les passages : ce qui change, ce qui est autorisé, ce qui ne l’est pas encore, ce qui peut être automatisé et ce qui doit rester sous décision humaine.
Les documents RA-153.1-2 sont actuellement en cours de préparation pour publication par ZEON Systems. Cette page en présente l’esprit et certains principes afin de rendre le travail compréhensible, sans anticiper la forme finale du corpus de référence.
La logique décrite ici ne concerne pas seulement une consultation nationale ou un vote citoyen. Elle peut aussi s’appliquer partout où plusieurs personnes, groupes ou institutions doivent construire une décision commune avec l’aide de l’IA.
Habitants, communes, associations, entreprises locales et services publics peuvent exprimer des besoins différents. L’IA peut aider à les regrouper et à les rendre lisibles, mais elle ne doit pas transformer une synthèse en décision sans passage explicite.
Une IA peut résumer plusieurs positions. Mais une synthèse n’est pas automatiquement « la position du collectif ». Il faut pouvoir distinguer ce qui fait accord, ce qui reste divergent et ce qui n’a pas encore été décidé.
Dans une association, une entreprise ou un réseau de partenaires, une décision peut traverser plusieurs équipes, niveaux de responsabilité et outils. Chaque passage doit conserver ses limites d’autorité et ses conditions.
Des habitants expriment des difficultés différentes. L’IA aide à cartographier les besoins, faire apparaître les contraintes et produire plusieurs scénarios. Mais le passage « besoins exprimés → scénario retenu » reste un acte de décision, pas une conséquence automatique de la synthèse produite par la machine.
L’IA peut rapprocher les formulations, identifier les accords, les divergences et les zones encore ouvertes. RA-153.1-2 peut aider à garder visibles ces différences et à ne qualifier de « commun » que ce qui a effectivement franchi les passages nécessaires.
C’est là que RA-153.1-2 peut devenir plus qu’un mécanisme de sécurité pour une application de vote. Il peut servir de grammaire des passages dans des systèmes humains assistés par IA : préserver les identités, rendre visibles les accords et désaccords, limiter la propagation implicite de l’autorité et conserver une trace des décisions successives.
Cette logique rejoint aussi les recherches de ZEON Systems sur la coopération entre collectifs : relier sans confondre, chercher des angles communs sans effacer les postures, et rendre explicites les marges de manœuvre avant de décider ce qui peut réellement être engagé ensemble.
Le téléphone peut devenir une urne. L’IA peut aider à formuler. La cryptographie peut contribuer à sécuriser le bulletin. Mais une démocratie assistée par IA — comme un territoire, un collectif ou une organisation — a aussi besoin de savoir ce qui a été autorisé à passer d’une étape à la suivante, tout en respectant les personnes, les identités, les institutions et la possibilité de transformer progressivement ce qui doit l’être.
Ce travail entre aussi en résonance avec Integritas Systemica, poursuivi avec Adel Amri : une recherche sur la préservation de la cohérence systémique lorsqu’un acteur, humain ou artificiel, agit à l’intérieur d’un ensemble plus vaste que lui.
RA-153.1-2 demande notamment : ce passage est-il qualifié, autorisé, traçable et attestable ?
Integritas Systemica ajoute une autre question : même autorisée et correctement exécutée, cette action préserve-t-elle la cohérence, la viabilité et la gouvernabilité du système auquel elle appartient ?
Clin d’œil à Adel Amri, avec qui se poursuit la recherche Integritas Systemica sur cohérence systémique, discernement et gouvernance des transformations.
Les affirmations de sécurité de l’application sont rapportées ici comme les caractéristiques annoncées par le projet. Cette page ne constitue ni un audit technique indépendant, ni une prise de position sur les questions politiques soumises au vote.