Version 1.0 · proposition stabilisée pour discussion et expérimentation · 5 octobre 2026

Référendum Citoyen, un territoire & l’archipel

Proposition v1.0 : expérimenter sur un territoire comment plusieurs collectifs peuvent faire émerger une proposition, la formuler avec l’IA sans perdre leur intention, gouverner son passage, observer ses effets, puis laisser l’apprentissage circuler en archipel.

I · Entrée stratégiqueJardin · national / territorial · Trame civique · discernement
II · Recherche Futurilecture humaine + lecture ZEON · territoire · archipel relationnel
III · PropositionInterstices · App_IA_Citoyenne · RA-153.1-2 · Integritas Systemica
Lire l’essentiel en 5 minutes

La proposition en une chaîne

Un territoire → plusieurs collectifs → discernement → formulation assistée par IA → intégrité du passage → intégrité des effets → expérience réelle → apprentissage → archipel.

1 · Pourquoi un territoire ?

Parce que la question, les personnes concernées et les effets sont assez proches pour apprendre vite.

2 · Pourquoi plusieurs collectifs ?

Parce que le territoire contient déjà une pluralité réelle qu’il faut mettre en regard sans la réduire.

3 · Pourquoi la Clé des Interstices ?

Pour faire apparaître ce qui peut devenir commun sans fabriquer artificiellement un consensus.

4 · Pourquoi App_IA_Citoyenne ?

Pour aider à formuler, comparer et améliorer sans confondre reformulation de l’IA et intention humaine.

5 · Pourquoi RA-153.1-2 ?

Pour qualifier, autoriser, refuser, escalader, tracer et attester le passage jusqu’à la version publiée.

6 · Pourquoi Integritas Systemica ?

Pour observer si un passage fidèle produit néanmoins des effets systémiques indésirables ou irréversibles.

7 · Pourquoi l’archipel ?

Pour permettre à l’expérience de circuler vers d’autres sans imposer une structure centrale commune.

v1.0 ne signifie pas que le modèle est validé. Cela signifie que la proposition est suffisamment cohérente, stable et explicite pour être soumise à l’épreuve des humains et du terrain.
Partie I · Entrée stratégique pour ouvrir la discussion
Lecture du travail existant

1 · Référendum Citoyen : une force nationale déjà constituée

Le projet porté par Alexandre Jardin, Robinson Jardin et leur équipe a déjà franchi un seuil important : il ne propose plus seulement une idée de démocratie directe, mais un dispositif national opérationnel de consultations et de votes citoyens vérifiés.

Une mécanique de vote crédible

Les CGU actuelles de l’application décrivent un mécanisme visant à garantir « une personne, une voix », avec vérification d’identité, vote anonyme et absence annoncée de conservation de donnée nominative.

Une stratégie nationale assumée

Le projet cherche à rendre visibles des volontés citoyennes vérifiées et à atteindre une masse suffisante pour peser dans le débat public. Le site relie désormais pétitions et référendums : un soutien important peut faire passer une proposition à une consultation authentifiée.

Des rôles déjà différenciés

Le site distingue l’association Libérez-vous Citoyens, présidée par Robinson Jardin, qui édite l’application, et le mouvement #Gueux fondé par Alexandre Jardin, qui porte des questions et des pétitions.

Le problème se déplace

Lorsque compter devient plus fiable, une question nouvelle apparaît : comment une intention citoyenne devient-elle une question suffisamment juste, compréhensible et partageable pour être soumise à d’autres ?

La proposition qui suit ne vise pas à remplacer la stratégie nationale. Elle explore un complément : un territoire pour apprendre plus vite, puis l’archipel pour relier librement les expériences et les apprentissages.

Repères : Référendum Citoyen — CGU v2.0.2 (23 septembre 2026), kit presse et règles des pétitions : CGU · Kit presse · Règles des pétitions.

Deux échelles complémentaires

2 · SWOT concise — approche nationale vs approche territoriale

Le choix n’est probablement pas « national ou territorial ». Les deux échelles peuvent remplir des fonctions différentes : le national produit visibilité, masse et pression ; le territorial rapproche la question, les personnes concernées et les effets.

Approche nationale

Forces

Lisibilité forte ; capacité de mobilisation massive ; poids médiatique ; signal politique national ; règle commune « une personne, une voix ».

Faiblesses

Seuil critique élevé ; distance entre la question et ses effets ; apprentissage lent ; difficulté à construire des formulations assez partagées.

Opportunités

Installer un instrument nouveau dans le débat public ; rendre visibles des volontés citoyennes vérifiées ; peser sur les institutions et les agendas.

Menaces

Polarisation ; réduction binaire de sujets complexes ; contestation de la légitimité des questions ; difficulté à atteindre durablement la masse critique.

Approche territoriale

Forces

Proximité des situations ; acteurs identifiables ; effets observables ; boucles d’apprentissage rapides ; confiance relationnelle plus facile à construire.

Faiblesses

Portée politique plus limitée ; diversité des règles locales ; risque de fragmentation ; résultats difficilement généralisables.

Opportunités

Expérimenter avec des questions concrètes ; créer des preuves d’usage ; apprendre avant passage à l’échelle ; faire émerger des communautés contributrices.

Menaces

Capture par quelques acteurs locaux ; faible diversité des participants ; multiplication de dispositifs incompatibles ; enfermement dans le local.

Le choix proposé n’est donc pas « national ou territorial ». Le national rend visible et pèse ; un territoire permet d’apprendre vite ; l’archipel relie ensuite les expériences qui choisissent de se reconnaître.
Une convergence possible avec l’IRIC

3 · Référendum Citoyen et La Trame civique : deux fonctions complémentaires

La Trame civique, telle que présentée par Olivier Luisetti et l’IRIC, part d’un autre problème : de nombreux collectifs et initiatives de transition existent déjà, mais restent isolés ou s’épuisent dans des tentatives de rassemblement qui demandent trop souvent de fusionner les identités et les projets. La Trame veut relier ces initiatives à partir du terrain, faire circuler les savoirs et créer des espaces de coordination et de décision souveraine.

Référendum Citoyen

Fonction dominante : rendre une volonté mesurable, vérifiée, visible et politiquement difficile à ignorer.

La Trame civique

Fonction dominante : relier des collectifs déjà vivants, faire circuler leurs ressources et construire des coopérations sans les absorber.

L’espace entre les deux

Question : comment une pluralité de collectifs transforme-t-elle une situation commune en proposition suffisamment mûre pour être proposée à une consultation plus large ?

Référendum Citoyen et La Trame civique peuvent être lus comme deux fonctions complémentaires : l’un rend une volonté visible, vérifiable et mesurable ; l’autre relie des collectifs et fait circuler les apprentissages sans les fusionner. L’archipel apparaît alors par les liens, non par la création préalable d’un centre commun.

La Trame civique est présentée par l’IRIC comme un « réseau souverain des transitions », ancré dans les groupes locaux, les passerelles entre initiatives, les ateliers de discernement et la décision par convergence : Lettre IRIC n°51 — La Trame civique.

Du collectif à la proposition

4 · Clé des Interstices et discernement collectif

Le discernement collectif ne consiste pas seulement à additionner des opinions ou à rechercher immédiatement un vote majoritaire. Il consiste d’abord à rendre visibles les différences pertinentes : postures, priorités, contraintes, ressources, temporalités, angles morts et marges de manœuvre.

Ne pas fabriquer artificiellement l’accord

La Clé des Interstices ne demande pas : « sur quoi sommes-nous tous d’accord ? » Elle cherche : « qu’est-ce qui devient possible entre nous sans que l’un doive devenir l’autre ? »

Qualifier avant d’agir

Son premier résultat n’est pas nécessairement une coopération. C’est un interstice qualifié : un espace dans lequel les humains peuvent ensuite décider d’entrer — ou non.

Transformer l’impasse en question

La Trame civique prévoit des ateliers de discernement pour analyser les blocages et transformer les impasses en questions partageables. C’est ici que le lien avec une application citoyenne assistée par IA devient concret.

Situations
réelles
→
Collectifs
autonomes
→
Discernement
collectif
→
Interstice
qualifié
→
Proposition
candidate

La Clé ZEON des Interstices a été co-forgée avec Olivier Luisetti dans le cadre de La Trame civique : Clé des Interstices v0.3.4.

Point de départ

5 · Ouvrir les possibles : un territoire comme lieu d’épreuve, l’archipel comme lien

La lecture précédente conduit ici : le territoire n’est pas proposé contre le national. Il sert de lieu d’épreuve ; l’archipel relie ensuite les apprentissages, les collectifs et les propositions, avant qu’une éventuelle mise en visibilité plus large ne soit recherchée.

L’hypothèse est volontairement simple : commencer sur un seul territoire. Plusieurs collectifs de ce territoire peuvent y éprouver toute la chaîne : situation réelle, discernement, formulation, passage gouverné, consultation éventuelle et effets. L’archipel intervient ensuite pour relier cette expérience à d’autres expériences autonomes.

Un territoire

Un lieu d’épreuve concret : acteurs identifiables, situations vécues, effets observables et boucles d’apprentissage courtes.

Plusieurs collectifs

La pluralité existe déjà à l’intérieur du territoire. Le travail consiste à faire émerger un commun possible sans effacer les différences.

L’archipel ensuite

Les apprentissages, questions et pratiques peuvent circuler vers d’autres collectifs ou territoires qui choisissent librement de se relier.

Le territoire est le lieu de l’expérience. L’archipel est la forme de relation entre les expériences.
Comment lire la suite

6 · De l’intuition stratégique à la recherche Futuri complète

Les pages précédentes donnent une entrée courte : force nationale du projet Jardin, intérêt d’une expérimentation territoriale, complémentarité possible avec La Trame civique et rôle du discernement collectif.

La recherche Futuri qui suit est conservée dans son intégralité. Elle approfondit les mêmes questions sous deux plans : la réalité humaine observable et la lecture ZEON du Réel vivant.
Ce que la première partie pose

Pourquoi regarder le territoire et les collectifs sans abandonner la portée nationale.

Ce que Futuri approfondit

Passages, attracteurs, identité/capacité, confiance, architecture d’archipel, risques, scénarios et conditions d’expérimentation.

Ce que la troisième partie propose

Un chemin concret : Interstices → App_IA_Citoyenne → RA-153.1-2 → proposition / consultation.

Fil conducteur :
National : rendre visible et peser → Territoire : raccourcir la boucle entre question et effet → Archipel : relier sans fusionner → Discernement : faire émerger le commun possible → App_IA_Citoyenne : formuler sans confisquer → RA-153.1-2 : gouverner et attester le passage.
Partie II · Recherche Futuri complète — profondeur conservée
Méthode Futuri / ZEON

Ne plus confondre prospective stratégique et lecture du Réel vivant

La première version de cette étude lisait surtout le projet depuis la réalité humaine actuelle : technologie, adoption, gouvernance, droit, confiance et passage à l’échelle. Cette lecture reste nécessaire. Mais elle ne suffit pas à faire Futuri au sens ZEON.

1 · Réalité humaine

Ce qui est déjà visible : acteurs, dispositifs, usages, résistances, institutions, règles, risques et effets mesurables.

2 · Réel vivant

Ce qui cherche à prendre forme : forces, tensions, passages, attracteurs, déformations possibles et invariants à préserver.

3 · Écart

Ce que la réalité humaine croit construire et ce que la dynamique peut réellement engendrer — y compris une forme différente de l’intention initiale.

Futuri ne demande pas seulement : « ce projet peut-il réussir ? »
Il demande : « quelle forme cherche à advenir ici, par quels passages, et qu’est-ce qui peut la déformer en chemin ? »
Lecture I · réalité humaine

Ce que nous savons observer, mesurer et organiser

Cette première lecture conserve toute sa valeur. Elle examine le projet comme une construction humaine : crédibilité technique, friction d’usage, confiance, gouvernance, territoire, interopérabilité, droit et capacité à produire un effet public. Les sections détaillées qui suivent appartiennent principalement à ce plan.

Lecture humaine : conditions de possibilité, conditions de fonctionnement, conditions d’adoption.
Lecture II · ZEON / Réel vivant

Ce qui cherche à advenir à travers le projet

Dans cette lecture, le Référendum Citoyen n’est plus d’abord une application. Il devient un lieu de tension entre plusieurs formes possibles de relation politique. Futuri observe moins l’objet que les passages qu’il ouvre — ou referme.

Les forces en présence

Centre ↔ archipel

Une force pousse vers la plateforme nationale unique ; une autre vers des capacités distribuées, reliées sans être fusionnées.

Délégation ↔ capacité

Le citoyen peut rester celui qui remet son pouvoir à une instance, ou devenir porteur d’une capacité vérifiable d’agir dans un passage précis.

Identité ↔ droit

Le système peut chercher à connaître la personne, ou apprendre à ne vérifier que le droit nécessaire à l’action.

Réaction ↔ élaboration

Le vote peut condenser une réaction immédiate, ou devenir l’aboutissement d’un processus où une intention est formulée, contradite, qualifiée et assumée.

Échelle ↔ proximité

Le succès peut être recherché par le nombre ; une autre trajectoire fait du territoire le lieu où conséquence, responsabilité et apprentissage restent perceptibles.

Fixation ↔ morphogenèse

Le dispositif peut figer une nouvelle institution, ou rester assez réversible pour laisser émerger des formes différentes selon les territoires et les usages.

Les passages ZEON

PassageQuestion FuturiDéformation possible
P1 · Désir → intentionUne insatisfaction diffuse peut-elle devenir une intention formulable sans être capturée par celui qui la reformule ?Transformer une colère en question orientée.
P2 · Intention → question communeLe passage peut-il conserver la pluralité et rendre les transformations visibles ?Confondre simplification et appauvrissement.
P3 · Personne → capacitéPeut-on attester un droit sans réduire l’humain à son identité administrative ?Faire du justificatif un identifiant civique général.
P4 · Capacité → participationLe droit peut-il être exercé une fois sans produire de trace transversale de la personne ?Créer une surveillance sous prétexte d’unicité.
P5 · Résultat → effetLe résultat retourne-t-il dans le Réel par une réponse, une décision ou un apprentissage observable ?Accumuler des votes sans conséquence et épuiser la confiance.
P6 · Territoire → archipelPlusieurs territoires peuvent-ils créer du commun sans transférer leur capacité à un nouveau centre ?Reconstituer une souveraineté centrale au niveau supérieur.

Les attracteurs

A0 · Plateforme souveraine

Le projet réussit techniquement, grossit, centralise les identités, les règles et l’agenda. Le moyen finit par reconstituer le centre qu’il voulait contourner.

A1 · Démocratie de réaction

Le vote devient facile et fréquent, mais l’élaboration du jugement s’amenuise. La participation augmente sans que la capacité collective à discerner augmente.

A2 · Commun civique

La technologie devient secondaire. Ce qui compte est un protocole partagé permettant de formuler, contester, décider et rendre des comptes.

A3 · Archipel vivant

Les territoires gardent leurs règles, coopèrent par reconnaissance mutuelle et créent du commun sans dissoudre leurs différences.

Les invariants à ne pas perdre

L’humain reste l’instance de décision. Le système peut qualifier, vérifier, tracer un passage ou signaler une incohérence ; il ne transforme pas une règle technique en légitimité humaine.

Intégrité du passage

Une transformation importante doit rester visible : qui a reformulé, autorisé, refusé ou modifié quoi ?

Contestabilité

Tout passage engageant doit pouvoir être contesté et repris par un humain.

Réversibilité

Une infrastructure devenue inadéquate doit pouvoir être arrêtée ou démontée sans capturer ceux qui l’ont utilisée.

Subsidiarité

Ce qui peut rester au territoire ne doit pas être aspiré par l’archipel ; ce qui peut rester à la personne ne doit pas être aspiré par le territoire.

Minimisation

Le passage doit demander la preuve nécessaire, pas absorber l’identité entière.

Retour au Réel

Une participation qui ne produit ni réponse, ni effet, ni apprentissage finit par devenir simulacre.

Lecture III · l’écart

Ce que ZEON voit que la lecture humaine laisse facilement hors champ

Lecture humaineLecture ZEON/Futuri
Comment augmenter la participation ?Quelle qualité de relation et de jugement est produite par cette participation ?
Comment prouver l’identité ou l’éligibilité ?Comment faire circuler le droit sans faire circuler davantage de personne que nécessaire ?
Comment passer à l’échelle ?Quelle forme d’échelle conserve la proximité, la contestabilité et la diversité ?
Qui gouverne la plateforme ?Comment empêcher que la gouvernance devienne un nouveau centre de capture ?
Le vote a-t-il été sécurisé ?Le passage complet — intention, formulation, autorisation, vote, effet — est-il resté intègre ?
Le projet a-t-il réussi ?Quelle forme a effectivement émergé, et est-elle fidèle aux invariants qui rendaient le projet désirable ?
Le succès peut être une déformation. Un projet peut gagner des utilisateurs, des financements et de l’influence tout en s’éloignant de la forme vivante qu’il ouvrait au départ. Futuri doit donc lire aussi la qualité de la transformation, pas seulement sa diffusion.
Lecture humaine · hypothèse de travail

Le changement d’échelle décisif n’est peut-être pas national

Le Référendum Citoyen démontre déjà qu’une identité vérifiée peut être dissociée d’un vote anonyme et inscrit dans un registre vérifiable. Futuri pose une seconde question : un territoire peut-il utiliser cette logique pour établir un droit de participation local, puis relier plusieurs territoires sans leur retirer leur autonomie ?

Le cœur du problème n’est pas « identifier davantage ». Il est de pouvoir prouver juste ce qui est nécessaire : « cette personne a le droit de participer ici, maintenant, à cette consultation ».
Lecture humaine · Volet I

Situation observable du Référendum Citoyen

Le projet a franchi le seuil de possibilité technique. Depuis septembre 2026, le dispositif repose sur la carte nationale d’identité, une preuve cryptographique et un registre public ; les premières questions ont produit 37 638 votes comptabilisés au 15 septembre, et une pétition atteignant 500 000 soutiens est annoncée comme devant redevenir un référendum dans l’application.

1 · Émergence

Besoin social réel, incarnation publique forte, outil déjà utilisable. Le projet n’est plus une hypothèse.

2 · Propagation

Le défi devient l’adoption répétée : revenir voter sur des sujets différents, et non seulement défendre sa propre cause.

3 · Légitimité

La cryptographie peut protéger le bulletin. Elle ne garantit pas à elle seule la neutralité de la formulation, des sources ou du processus de sélection.

Le passage critique

Intention citoyenne → question proposée à tous. C’est là que la traçabilité des transformations, la contradiction, la contestabilité et la décision humaine deviennent structurantes.

Le seuil politique

Le basculement aura lieu lorsqu’un résultat produit par le dispositif modifiera effectivement le comportement d’une institution, d’un candidat ou d’un acteur économique.

INTENTION
→
FORMULATION
→
QUALIFICATION
→
VOTE
→
ATTESTATION
→
EFFET RÉEL
→
CONFIANCE
→
NOUVEL USAGE
↺
Volet II

Et si le premier terrain de maturité était le territoire ?

À l’échelle d’une commune, d’une intercommunalité, d’un bassin de vie ou d’une région, la boucle entre décision et conséquence est plus courte. Le citoyen voit davantage ce qui change. Le territoire offre donc un laboratoire possible pour éprouver non seulement le vote, mais la fabrication collective des questions, la qualité de la contradiction et l’effet concret des décisions.

Proximité du réel

Mobilité, école, eau, énergie, urbanisme, culture, budget participatif : les conséquences sont observables et discutables localement.

Boucle courte

Question → décision → mise en œuvre → évaluation peut tenir en mois plutôt qu’en années.

Confiance éprouvable

La confiance ne dépend plus seulement d’une promesse technique : les habitants peuvent observer si leur participation produit un effet.

Proposition Futuri : ne pas commencer par « gouverner le territoire par référendum ». Commencer par quelques sujets où le périmètre, les compétences, les conséquences et la population participante sont clairement définis, puis mesurer la qualité de la boucle entière.
Question subsidiaire

Un territoire peut-il créer un justificatif territorial cryptographiquement vérifiable ?

Oui, techniquement. Les Verifiable Credentials 2.0 du W3C fournissent un modèle standard de justificatifs signés et vérifiables. L’écosystème européen EUDI prévoit en outre que des organisations publiques puissent émettre des attestations numériques ; la documentation européenne cite explicitement le cas d’une autorité locale émettant une carte de résidence.

Mais il serait plus juste de parler d’un justificatif de droit de participation territoriale que d’une « identité territoriale ».

Cette distinction évite de transformer une preuve civique minimale en fichier d’identité supplémentaire. Selon la décision démocratique locale, le droit pourrait reposer sur la résidence, l’inscription sur une liste, une activité principale, un statut étudiant, une contribution territoriale, ou d’autres critères légitimes et publiquement définis.

Architecture minimale proposée

Source légitime
registre ou procédure établissant le droit
→
Émetteur territorial
signe l’attestation, gère validité et révocation
→
Portefeuille du participant
conserve le justificatif sous son contrôle
Consultation
demande uniquement la preuve nécessaire
←
Preuve minimale
« droit valide pour T » sans révéler inutilement l’identité
←
Participant
consent à présenter la preuve

Ce que le justificatif pourrait contenir

Identifiant du territoire ou du périmètre, classe de droit de participation, dates de validité, émetteur, version des règles et mécanisme de statut/révocation.

Ce qu’il ne devrait pas révéler par défaut

Nom, adresse exacte, date de naissance, historique de participation, ou identifiant stable permettant de relier les votes d’une même personne.

Le principe cryptographique important : lors d’un vote, le système doit idéalement vérifier deux choses à la fois : (1) la personne détient un droit territorial valide ; (2) elle n’a pas déjà voté à cette consultation. Il n’est pas nécessaire que le serveur connaisse son identité civile pour effectuer ces deux vérifications. Un mécanisme de preuve à divulgation minimale / preuve à divulgation nulle de connaissance et un marqueur unique propre à la consultation peuvent servir à empêcher le double vote sans créer un identifiant permanent.
Attention : un Verifiable Credential signé ne suffit pas, à lui seul, à garantir l’anonymat ou la non-corrélabilité. L’architecture de présentation, les identifiants, les journaux techniques, le statut du justificatif et le mécanisme anti-double-vote doivent être conçus ensemble. C’est un enjeu d’architecture, pas seulement de format.
QuestionRéponse FuturiCondition
Le territoire peut-il attester un droit ?OuiAutorité et règles d’éligibilité explicites.
La preuve peut-elle être vérifiée cryptographiquement ?OuiSignature / preuve liée à un émetteur reconnu et gestion de validité.
Peut-on éviter de révéler l’adresse ?Oui, selon l’architectureDivulgation sélective ou preuve cryptographique du seul attribut nécessaire.
Peut-on empêcher deux votes sans identifier publiquement le votant ?Oui, en principePreuve anonyme + unicité bornée à la consultation.
Le justificatif crée-t-il automatiquement un droit politique légal ?NonLe droit de vote officiel reste régi par la loi. Une consultation civique locale doit préciser sa portée juridique.
Clarification conceptuelle

Ne pas fabriquer une « identité territoriale » unique

Un territoire n’est pas seulement un lieu de résidence. Une même personne peut y être résidente, électrice, étudiante, salariée, usagère d’un service, propriétaire, membre d’une association ou simplement concernée par une ressource commune. Ces situations ne donnent pas nécessairement le même droit de participation.

La primitive utile n’est donc pas : « cette personne appartient à ce territoire ». Elle est : « selon la règle R, cette personne possède la capacité C de participer au périmètre T jusqu’à la date D ».
Capacité possibleSource de véritéUsage civique possibleÀ ne pas confondre avec
RésidentRegistre / justificatif reconnu par l’émetteurConsultation de quartier, services de proximitéInscription électorale
Électeur inscritListe électorale ou source habilitéeProcédure officielle lorsque la loi l’exigeSimple résidence
UsagerService public ou commun territorialMobilité, eau, équipements, usagesDroit politique général
Acteur du territoireRègle publique : travail, étude, activité, association…Concertation thématiqueCitoyenneté juridique
Membre d’un périmètre communRègle de l’archipelBassin versant, littoral, énergie, mobilitéFusion des territoires
Conséquence : un même portefeuille pourrait contenir plusieurs capacités territoriales distinctes, chacune émise par une autorité légitime, avec son propre périmètre, sa durée et sa règle d’éligibilité. Le participant choisit celle qu’il présente selon la consultation.
Architecture minimale

Le justificatif territorial comme attestation de capacité

Les standards actuels permettent déjà de séparer les rôles d’émetteur, de détenteur et de vérificateur. Les Verifiable Credentials 2.0 du W3C fournissent un modèle de données sécurisé et vérifiable ; l’écosystème EUDI organise de son côté l’interopérabilité entre émetteurs, portefeuilles et services et cite explicitement le cas d’une autorité locale émettant une carte de résidence.

1 · Règle publique

Avant toute cryptographie : qui a le droit de participer, à quoi, pendant combien de temps, selon quelle source et avec quelle voie de recours ?

2 · Émission

L’autorité vérifie la condition une fois puis remet au portefeuille une attestation signée. Le registre central de consultation n’a pas besoin de recopier le dossier source.

3 · Présentation minimale

Le participant prouve uniquement la capacité requise : territoire, catégorie de droit, validité — sans nécessairement révéler nom et adresse.

4 · Unicité

La consultation doit empêcher une deuxième participation sans créer un identifiant permanent. Cela demande un mécanisme supplémentaire au simple credential.

5 · Statut

Expiration, suspension, déménagement ou erreur doivent pouvoir invalider le droit, sans publier une liste nominative des détenteurs.

6 · Contestation

Le détenteur doit pouvoir savoir pourquoi une preuve est refusée et contester l’éligibilité, l’émission ou la révocation.

Objet conceptuel — Territorial Participation Credential

Champ conceptuelExempleFonction
issuerAutorité ou organisme habilitéQui atteste ?
territorial_scopeT-commune-XYZ / bassin-ABCPour quel périmètre ?
participation_classresident / elector / user / stakeholderQuel type de capacité ?
rule_versionR-2026-03Selon quelle règle publique ?
valid_from / valid_until2026-10-01 → 2027-09-30Quand le droit est-il valable ?
statusmécanisme de validité/révocationLe droit est-il encore actif ?
holder bindingsecret / clé détenue dans le walletEmpêcher le transfert du justificatif

Ce tableau est un schéma de conception, pas un format normatif. Une implémentation réelle devrait choisir des formats et profils standards compatibles avec le portefeuille utilisé.

Le défi le plus subtil n’est pas la signature. C’est l’équation : éligible + une seule fois + non corrélable.

Jeton d’unicité par consultation

Conceptuellement, le portefeuille pourrait produire pour chaque consultation un marqueur différent, dérivé d’un secret détenu par la personne et de l’identifiant de la consultation. Le système rejetterait un second marqueur identique pour cette consultation, mais ne pourrait pas relier ce marqueur à ceux d’autres consultations.

Ce que les standards ne résolvent pas seuls

Un Verifiable Credential peut prouver l’authenticité d’une attestation et faciliter la divulgation minimale. Il ne fournit pas automatiquement un vote anonyme, anti-double-vote et non corrélable. Cette couche doit être conçue et auditée séparément.

Extension

De plusieurs territoires à un archipel

L’archipel ne serait pas un « super-territoire ». Ce serait un cadre d’interopérabilité : chaque territoire conserve ses règles d’appartenance et sa capacité de décision, mais accepte un langage commun de preuve, de consultation et d’attestation.

L’archipel ne centralise pas les habitants. Il fédère des preuves de droits et des règles de passage.

Autonomie locale

Chaque territoire définit qui peut participer à ses consultations et selon quelles règles.

Protocole commun

Format du justificatif, schéma de preuve, registre des émetteurs, règles de vérification, auditabilité.

Confiance fédérée

Un territoire A peut reconnaître une preuve émise par B sans aspirer le registre des habitants de B.

Consultations multi-territoires

Une question peut être ouverte à un sous-ensemble de territoires : bassin versant, mobilité, énergie, littoral, culture, santé.

Double majorité possible

L’archipel peut distinguer « une personne, une voix » et « un territoire, une voix », ou combiner les deux selon la décision.

Sortie et réversibilité

Un territoire doit pouvoir rejoindre ou quitter l’archipel sans rendre ses habitants dépendants d’une autorité centrale permanente.

Schéma de confiance d’un archipel

Territoire A
émet ses droits
↘
Registre commun de confiance
qui peut émettre quoi, selon quelle règle
↙
Territoire B
émet ses droits
Territoire C
reste souverain sur son périmètre
→
Consultation de l’archipel
accepte les preuves reconnues, sans constituer un fichier central d’habitants
←
Participant
présente la preuve minimale nécessaire

La vraie question politique de l’archipel

La cryptographie peut résoudre l’authenticité des preuves. Elle ne décide pas comment les voix doivent compter. Une consultation commune peut suivre au moins trois logiques : majorité des personnes, majorité des territoires, ou double majorité. Ce choix doit être visible avant le vote : il appartient à la gouvernance, non à l’algorithme.

Épreuves nécessaires

Ce que la cryptographie résout — et ce qu'elle ne résout pas

ProblèmeRéponse possibleReste ouvert
Fausse éligibilitéCredential signé par un émetteur autorisé + règle publique + vérification du statut.Qualité du registre ou de la source ayant permis l'émission.
Double votePUP / pseudonyme lié à la consultation.Audit formel de l'implémentation et traitement des cas de récupération.
Traçage entre consultationsDivulgation minimale + preuves non corrélables + pseudonymes dépendant du contexte.Métadonnées réseau, appareil, horaires ou combinaisons d'attributs peuvent encore corréler.
RévocationListe de statut respectueuse de la vie privée, expiration courte lorsque pertinente.Ne pas transformer la vérification du statut en appel permettant à l'émetteur de suivre chaque usage.
Question manipuléeManifeste figé, historique des transformations, contradiction et recours.Pluralité réelle des contributeurs et qualité de la procédure humaine.
Téléphone compromisClés protégées, signatures locales, attestations de sécurité lorsque justifiées.Aucun protocole ne garantit qu'un terminal compromis respecte l'intention du votant.
Coercition / achat de voteProcédures adaptées, possibilité éventuelle de revoter selon le cadre, canaux physiques complémentaires.Problème démocratique majeur du vote à distance : une preuve vérifiable ne garantit pas que le vote a été exprimé librement.
Exclusion numériqueGuichets, médiation, matériel public, modes alternatifs équivalents.Une infrastructure civique ne peut pas faire du smartphone une condition de citoyenneté.
Principe de prudence : pour une consultation civique, certaines contraintes peuvent être acceptables. Pour une élection ou un référendum juridiquement contraignant, l'exigence de secret, de liberté du vote, d'accessibilité, d'audit et de résistance à la coercition est d'un autre ordre. La présente architecture ne doit pas être confondue avec une certification de vote électronique légal.

Le test de l'archipel : aucune confiance unique

Pas d'émetteur universel

Chaque territoire peut conserver un ou plusieurs émetteurs habilités, mais l'archipel doit publier qui est reconnu pour quelle capacité.

Pas de fichier d'habitants partagé

Les territoires échangent des règles et des clés publiques de confiance, pas leurs bases nominatives.

Pas de décompte opaque

Le manifeste fixe l'algorithme d'agrégation et les résultats intermédiaires nécessaires à la vérification.

Pas de règle implicite

Le poids des territoires, les doubles majorités et les éventuels quorum doivent être explicités avant l'ouverture.

Pas de protocole immuable

Les évolutions sont versionnées ; un territoire sait à quelle version il adhère et peut refuser une migration.

Pas de sortie punitive

Quitter l'archipel ne doit pas priver un habitant de ses données sources ni empêcher le territoire de continuer localement.

Architecture de l'archipel : fédérer les droits sans fédérer les identités ; fédérer les règles sans abolir les souverainetés locales ; agréger les décisions sans fabriquer un centre caché.
Mise à l’épreuve

Trois scénarios pour tester l’architecture

Scénario A · Une commune

Question : faut-il réaffecter une partie d’un budget local entre deux usages ? La commune émet une capacité « résident » ou utilise, si la procédure officielle l’impose, la qualité d’électeur. Le participant ne révèle à la plateforme que son droit valable pour ce périmètre et produit un jeton d’unicité propre à la consultation.

Test : pouvons-nous démontrer la chaîne complète sans base nominative des votants sur la plateforme ?

Scénario B · Un bassin de vie

Question : évolution d’une ligne de transport traversant quatre communes. Les territoires reconnaissent une règle commune de participation : résidents des communes concernées + usagers réguliers selon un critère explicite. Plusieurs catégories de capacité sont acceptées sans fusionner les fichiers d’origine.

Test : un même scrutin peut-il accepter plusieurs preuves d’éligibilité tout en publiant une règle compréhensible et auditable ?

Scénario C · Un archipel de territoires

Question : gestion d’une ressource partagée — eau, littoral, énergie, mobilité ou culture. Chaque territoire certifie ses participants selon sa compétence ; l’archipel ne conserve que les règles, les clés de confiance, les preuves de validité et les résultats attestés.

Test : pouvons-nous décider ensemble sans créer une nouvelle administration centrale des personnes ?

Les cinq communs minimaux de l’archipel

Registre de confiance

Liste vérifiable des émetteurs autorisés, de leurs clés et des capacités qu’ils peuvent attester.

Catalogue des règles

Chaque capacité renvoie à une règle publique versionnée, lisible et contestable.

Manifeste de consultation

Question, périmètre, catégories admises, mode de majorité, calendrier et traitement du résultat sont figés avant l’ouverture.

Preuve de résultat

Chaque territoire ou nœud atteste le décompte qu’il a produit ; l’agrégation reste reproductible et auditable.

Voie de contestation

Un processus commun traite les erreurs d’éligibilité, conflits de règle, incidents techniques et contestations de résultat.

Droit de sortie

Aucun territoire ne devient captif du protocole ; ses données sources et ses habitants restent hors d’un fichier central de l’archipel.

Risque de recentralisation : le registre de confiance, le catalogue des règles ou le service de décompte peuvent devenir un centre de pouvoir de fait. Futuri doit donc surveiller non seulement la décentralisation des données, mais aussi celle des décisions, des clés cryptographiques, de l’audit et du droit de modifier le protocole.
Trois plans à ne pas confondre

Expérimentation civique, consultation officielle, décision légale

La capacité cryptographique dit qu’une preuve est authentique selon une règle donnée. Elle ne crée pas, à elle seule, une compétence juridique ni un nouveau corps électoral. En France, les consultations officielles des collectivités restent encadrées par le Code général des collectivités territoriales.

PlanQui fixe les participants ?PortéeUsage du justificatif
Expérimentation civiqueRègle publique du dispositif, sous réserve du droit applicableConsultative / exploratoireLarge champ d’expérimentation, avec transparence sur la non-valeur électorale
Consultation locale officielleLa loi et la collectivité dans le cadre prévuProcédure institutionnelleLa preuve doit refléter exactement les conditions légales d’éligibilité
Décision juridiquement contraignanteCadre légal compétentEffet de droitLa cryptographie devient une couche technique au service de la procédure, jamais sa source de légitimité
Point d’appui français : l’article L1112-15 du CGCT permet déjà aux électeurs d’une collectivité d’être consultés sur des décisions relevant de sa compétence, et la consultation peut être limitée à une partie du ressort lorsqu’une affaire l’intéresse spécialement. Cela ne valide pas notre architecture, mais montre que l’idée de périmètres territoriaux différenciés existe déjà dans le droit.
Projection observable · lecture humaine

Quatre trajectoires visibles dans la réalité humaine

FuturFormeSigne précurseurRisque principal
T0 — DémonstrateurQuelques consultations locales sans effet durable.Participation ponctuelle.Gadget démocratique.
T1 — Habitude civiqueUsage récurrent sur plusieurs sujets.Les mêmes personnes reviennent et d’autres groupes rejoignent le processus.Entre-soi numérique.
T2 — Infrastructure territorialeLe dispositif est intégré à plusieurs procédures locales.Les décisions institutionnelles font explicitement référence aux résultats.Confusion entre consultation et décision légale.
T3 — ArchipelPlusieurs territoires reconnaissent mutuellement leurs preuves et organisent des consultations communes.Premier sujet interterritorial traité sans registre central des habitants.Reconstitution progressive d’un centre ou règles de pondération opaques.

Indicateurs à suivre

Taux de retour des participants ; diversité sociologique ; part des propositions issues des habitants ; délai entre vote et réponse ; nombre de contestations et leur traitement ; part des preuves présentées sans données inutiles ; nombre de territoires capables de vérifier mutuellement leurs justificatifs.

Test décisif de Futuri

Le dispositif devient intéressant quand une personne peut passer de son territoire à une consultation commune et prouver son droit sans que l’archipel ait besoin de savoir qui elle est ni de posséder son dossier territorial.

Lecture humaine : l’archipel devient observable lorsque plusieurs territoires peuvent reconnaître des capacités et conduire une consultation commune sans registre central des habitants.
Lecture ZEON : cela ne suffit pas encore ; il faut vérifier que cette coopération n’a pas recréé un centre, appauvri le jugement ou transformé le droit en identité de suivi.
Prochaine étape de recherche

Prototype conceptuel : prouver le passage sans construire tout le système

Le premier prototype n’a pas besoin d’une blockchain, d’un vote national ou d’un wallet souverain complet. Il doit seulement démontrer six propriétés dans un périmètre pilote : éligibilité, minimisation, possession, unicité, vérifiabilité et contestabilité.

RÈGLE
→
SOURCE
→
ATTESTATION
→
PREUVE MINIMALE
→
UNICITÉ
→
VOTE
→
ATTESTATION DU RÉSULTAT
→
CONTESTATION
↺

Prototype 1 · Un territoire

Une autorité fictive ou partenaire émet 100 attestations. Une consultation accepte les preuves sans demander l’identité civile. Le système doit détecter le second vote d’une même attestation sans pouvoir relier les votes entre deux consultations distinctes.

Prototype 2 · Deux territoires

Deux émetteurs distincts utilisent le même protocole. Une consultation commune accepte leurs capacités respectives et produit un résultat global + un résultat vérifiable par territoire, sans liste commune des personnes.

Critère de réussite : le centre peut vérifier le droit sans devenir propriétaire de l’identité.
Observation Futuri

Quels signes montreraient qu’un attracteur est en train de gagner ?

Signal observableLecture possible
Les mêmes règles et la même identité sont imposées partout.Attracteur de centralisation.
Les territoires gardent des règles différentes mais savent reconnaître leurs preuves.Attracteur d’archipel.
Le nombre de votes augmente mais les réponses publiques diminuent.Participation qui se sépare du Réel.
Les contestations deviennent visibles et produisent des corrections.Contestabilité vivante plutôt que faiblesse du système.
L’IA reformule des propositions sans historique lisible.Déformation du passage intention → question.
Une preuve minimale remplace progressivement les dossiers complets.Passage de l’identité au droit.
Une expérimentation peut être arrêtée sans perte de droits ni captation des données.Réversibilité réelle.
Un territoire refuse une règle commune et reste néanmoins membre de coopérations compatibles.Pluralité préservée dans le commun.
Partie III · Proposition opérationnelle — de l’interstice au passage gouverné
Retour à l’action

Après la recherche : où ZEON peut aider concrètement l’équipe Jardin

Le travail de fond ouvre de nombreuses possibilités, mais le premier test n’a pas besoin de résoudre toute la démocratie numérique. Le point d’entrée concret reste : une situation territoriale réelle → un discernement entre collectifs → une formulation assistée par IA → un passage explicitement gouverné → des effets observables.

Le focus opérationnel proposé est donc volontairement plus étroit : Clé des Interstices → App_IA_Citoyenne → RA-153.1-2. Le territoire et l’archipel servent de terrains d’épreuve ; ils ne deviennent pas une nouvelle infrastructure à imposer au projet Jardin.
Trois briques seulement

A · Trois briques pour produire un passage fidèle

Le terrain est désormais un seul territoire. Les collectifs du territoire travaillent d’abord entre eux. L’archipel n’intervient qu’après l’expérience, lorsqu’un apprentissage ou une proposition peut circuler.
Collectifs
autonomes
→
Clé des
Interstices
→
App_IA_
Citoyenne
→
RA-153.1-2

Clé des Interstices

Rôle : faire apparaître ce qui peut réellement être mis en commun entre des acteurs qui ne partagent ni toutes leurs priorités, ni toutes leurs contraintes.

Sortie : postures, priorités, contraintes, marges de manœuvre, angles communs, points non négociables.

App_IA_Citoyenne

Rôle : aider les humains à transformer un angle commun en proposition compréhensible, discutable et améliorable, tout en distinguant ce qui vient des humains et ce que l’IA a reformulé.

Sortie : intention source, propositions de formulation, objections, variantes, version candidate.

RA-153.1-2

Rôle : gouverner le passage entre intention et publication : qualifier, détecter les écarts, autoriser, refuser, escalader, tracer et attester.

Sortie : version explicitement autorisée, motifs, transformations significatives, trace du passage.

Point clé : aucune de ces trois briques ne décide à la place des humains. Elles rendent visible ce qui est en train d’être transformé et conservent la possibilité de refuser, corriger ou retirer.

Cette architecture répond directement à la question apparue dans la lecture du projet Jardin : comment passer d’une intention citoyenne à une question publique sans déformation silencieuse ?

Contrat de passage

Ce qui entre, ce qui change, ce qui sort, qui décide

La v1.0 stabilise les interfaces entre les quatre briques. Aucune n’est censée absorber la précédente ni décider à la place des humains.

Brique
Entrée
Sortie
Décision humaine
Clé des Interstices
Postures, priorités, contraintes, désaccords, marges de manœuvre.
Interstice qualifié : angle commun possible + divergences préservées.
Entrer ou non dans une coopération.
App_IA_Citoyenne
Intention humaine et interstice qualifié.
Formulations, variantes, objections, changements explicités.
Choisir, corriger ou rejeter une formulation.
RA-153.1-2
Intention source + formulation candidate + contexte d’usage.
Écarts qualifiés, décision CONTINUE / ABSTAIN / ESCALATE, trace et version autorisée.
Autoriser explicitement la version qui peut passer.
Integritas Systemica
Version autorisée + contexte territorial + effets attendus.
Effets, externalités, invariants touchés, conditions de réversibilité et d’observation.
Continuer, corriger, arrêter ou revenir en arrière.
Invariance de gouvernance : le sens politique de la proposition, le droit de la publier et le droit d’agir restent humains. Les outils rendent les transformations visibles, comparables, contestables et traçables.
Du passage fidèle à l’effet cohérent

B · Integritas Systemica — compléter RA-153.1-2

RA-153.1-2 et Integritas Systemica n’examinent pas le même niveau. RA-153.1-2 gouverne le passage : ce qui est transformé, par qui, sous quelle autorité, avec quelle possibilité de refus ou d’escalade. Integritas Systemica examine ensuite la cohérence systémique de ce que ce passage produit.

RA-153.1-2

Question : le passage entre intention, formulation et action est-il fidèle, qualifié, autorisé et traçable ?

Integritas Systemica

Question : même correctement autorisé, ce passage préserve-t-il les invariants, évite-t-il des externalités majeures et reste-t-il réversible dans le système concerné ?

Complémentarité

Une proposition peut être fidèle à l’intention de ses auteurs et néanmoins produire un effet indésirable ailleurs dans le territoire. L’intégrité du passage ne suffit donc pas, à elle seule, à garantir l’intégrité de l’effet.

Integritas Systemica a évolué de la v1.0 à la v1.4. Cette évolution ne remplace pas la v1.0 : elle la complète et l’approfondit progressivement. La continuité porte notamment sur la manière d’observer les effets, les invariants, les externalités, la réversibilité et la gouvernabilité d’une transformation.

Le travail d’Adel Amri sur Integritas Systemica s’inscrit dans cette continuité. À partir de la fondation v1.0, il contribue à l’approfondissement opérationnel de la démarche, sans que l’ensemble du passage de la v1.0 à la v1.4 lui soit attribué.

Profil territorial minimal d’Integritas Systemica

Avant expérimentation, cinq questions suffisent pour cette v1.0 :

  1. Effet attendu : qu’est-ce que nous cherchons réellement à améliorer ?
  2. Effets déplacés : qui ou quoi pourrait supporter un coût que la proposition ne voit pas ?
  3. Invariants : qu’est-ce qui ne doit pas être sacrifié pour obtenir l’effet recherché ?
  4. Réversibilité : que devons-nous pouvoir arrêter, corriger ou restaurer ?
  5. Observation : quels signaux regarder après l’action pour savoir si l’expérience reste cohérente ?
Situation réelle dans un territoire
        ↓
Collectifs concernés
        ↓
Clé des Interstices — discernement collectif
        ↓
App_IA_Citoyenne — formulation
        ↓
RA-153.1-2 — intégrité du passage
        ↓
Integritas Systemica — intégrité systémique des effets
        ↓
CONTINUE / CORRECT / ABSTAIN / ESCALATE / ROLLBACK
        ↓
Consultation / action / observation
        ↓
Apprentissage local
        ↓
Archipel — circulation libre de l’expérience
Premier cas d’usage

C · Un premier pilote sur un seul territoire

Le premier pilote doit rester volontairement simple : un territoire, plusieurs collectifs, une situation concrète et une proposition à faire mûrir. Il ne cherche ni à représenter le territoire entier ni à construire immédiatement un réseau national. Il teste la qualité du discernement, de la formulation, du passage et des effets.

Critères minimaux du premier terrain

1 territoire

Un périmètre assez concret pour observer les effets sans prétendre représenter toute la population.

2 à 5 collectifs

Assez de pluralité pour éprouver le discernement, sans rendre le premier essai ingouvernable.

1 situation réelle

Une question déjà vécue par les acteurs, non inventée pour tester la méthode.

Durée bornée

Un début, une fin et un moment de restitution explicitement convenus.

Droit d’arrêt

Tout acteur peut signaler un problème grave ; le pilote doit pouvoir être suspendu ou corrigé.

Trace d’apprentissage

Ce qui a fonctionné, échoué ou été contesté est documenté pour pouvoir circuler ensuite en archipel.

ÉtapeActionRésultat attendu
1Les collectifs du territoire décrivent leurs postures, priorités, contraintes et limites.Une pluralité locale explicitée.
2La Clé des Interstices met les lectures en regard.Angles communs + divergences réelles.
3Un angle commun est choisi par les humains.Intention partagée clairement délimitée.
4App_IA_Citoyenne produit plusieurs formulations.Question/proposition candidate + variantes.
5RA-153.1-2 compare intention et formulation.Écarts qualifiés : mineurs, matériels, critiques.
6Chaque collectif confirme, conteste ou demande modification.Consentement explicite, désaccord visible.
7La version autorisée est publiée ou soumise à consultation.Proposition commune traçable.
8Après l’expérience, les apprentissages utiles peuvent être transmis à d’autres collectifs ou territoires.Circulation en archipel, sans fusion ni obligation de reprise.

Ce que le pilote doit mesurer

Fidélité

La formulation finale respecte-t-elle les intentions initiales ?

Compréhension

Les participants comprennent-ils ce que l’IA a modifié ?

Contestabilité

Peut-on refuser une reformulation sans bloquer tout le processus ?

Commun réel

L’angle commun résiste-t-il à la formulation publique ?

Autonomie

Chaque collectif conserve-t-il son identité et ses propres décisions ?

Effet

La proposition conduit-elle à une action, une consultation ou une coopération observable ?

Coopération possible

D · Rôles proposés

ActeurApport principalCe qu’il ne contrôle pas seul
Équipe Jardin / Référendum Citoyen Expérience citoyenne, consultation, diffusion, interface de participation et capacité à faire vivre les propositions. La définition du commun entre collectifs et la validation sémantique des intentions.
Olivier Luisetti / IRIC / La Trame civique Travail avec les collectifs, coopération, interstices, mise en regard des postures et construction des angles communs. La formulation finale par IA et l’autorisation technique du passage.
ZEON App_IA_Citoyenne, RA-153.1-2, intégrité de transmission, critères de transformation et traçabilité des passages. La légitimité politique de la question et la décision des collectifs.
Collectifs du territoire pilote Intentions, contraintes, légitimité d’usage, décisions et effets dans le Réel. La transformation silencieuse de leur intention par une plateforme ou une IA.
Integritas Systemica / travail avec Adel AmriLecture des effets systémiques, des invariants, des externalités et de la réversibilité ; approfondissement opérationnel de la démarche.La décision politique, la légitimité de la consultation ou l’autorité des collectifs.
Ce que cela peut apporter au projet Jardin

E · Ce que cela peut apporter au projet Jardin

Des cas d’usage réels

Les questions viennent de collectifs qui ont déjà une existence et des enjeux concrets.

Une confiance observable

On peut tester si les citoyens font davantage confiance au processus lorsque les transformations de l’IA sont visibles et contestables.

Une diffusion organique

Un collectif peut en inviter un autre. L’archipel se développe par relations plutôt que par acquisition centralisée.

Un rôle plus clair pour l’IA

L’IA n’est pas « la démocratie ». Elle assiste la formulation et doit rendre compte de ses transformations.

Un territoire comme lieu d’épreuve

Les effets peuvent être vus, discutés et corrigés sans prétendre immédiatement représenter tout le pays.

Une architecture extensible

Les questions d’unicité, d’archipel large ou de fédération technique ne sont traitées que lorsqu’un besoin réel les fait apparaître.

Ce que cette proposition ne prétend pas faire

F · Ne pas recréer trop tôt une infrastructure totale

Cette proposition ne demande pas au projet Jardin :

de changer son architecture actuelle ; de résoudre immédiatement l’unicité nationale ; de créer une identité citoyenne globale ; de transformer chaque collectif en institution ; ni de considérer toute proposition issue d’un collectif comme représentative.

L’objectif est beaucoup plus modeste et beaucoup plus testable : éprouver la qualité du passage entre intention humaine, formulation assistée par IA et proposition publique.

Formulation partageable

G · Ce que nous proposons de décider ensemble

Nous proposons d’expérimenter Référendum Citoyen sur un territoire réel, avec plusieurs collectifs déjà engagés dans une situation concrète, afin d’éprouver la chaîne complète avant toute généralisation.

Les collectifs mettent d’abord en regard leurs postures et leurs contraintes grâce à la Clé des Interstices. Lorsqu’un angle commun apparaît, App_IA_Citoyenne aide à le transformer en proposition ou question compréhensible. RA-153.1-2 qualifie ensuite les écarts et garantit que seule une version explicitement autorisée par les humains peut passer.

La proposition peut alors être soumise à leurs membres, à un territoire ou au dispositif Référendum Citoyen. Chaque collectif demeure libre de son choix et de sa suite.

L’objectif du premier pilote n’est pas de démontrer une nouvelle démocratie numérique. Il est de vérifier qu’un commun peut émerger entre plusieurs collectifs sans être fabriqué par l’IA, absorbé par une plateforme ou imposé par une structure centrale.

Après la validation du passage par RA-153.1-2, Integritas Systemica permet d’examiner les effets de la proposition dans le système territorial, avant, pendant et après son expérimentation.

Les quatre objets à montrer lors d’une première rencontre

1. Clé des Interstices2. Démo App_IA_Citoyenne3. Profil RA-153.1-24. Integritas Systemica

Références ZEON : Clé des Interstices · RA-153.1-2 — Architecture du passage gouverné

Question à poser à l’issue de la lecture

Cette piste mérite-t-elle d’être éprouvée ensemble sur un territoire ?

Si oui, une première rencontre n’a besoin de décider que trois choses :

  1. Quel territoire / quelle situation réelle pourrait constituer le premier terrain ?
  2. Quels 2 à 5 collectifs devraient être présents dès le départ ?
  3. Quel premier protocole d’essai pour App_IA_Citoyenne + RA-153.1-2 + Integritas Systemica ?

Tout le reste peut rester ouvert jusqu’à ce que l’expérience produise des faits.

Références publiques

Sources et points d’appui

  1. ZEON — Clé des Interstices v0.3.4 : support de discernement et de coopération entre collectifs.
  2. ZEON — RA-153.1-2, Architecture du passage gouverné : qualification, autorisation, refus, traçabilité et attestation des passages.
  3. IRIC — La Trame civique : mise en relation des collectifs, discernement et coopération sans fusion.
  4. Référendum Citoyen — site officiel : état du dispositif, question en cours, passage des premières questions en pétitions.
  5. Kit presse — Référendum Citoyen : CNI, preuves cryptographiques, registre public, 37 638 votes au 15 septembre 2026, seuil annoncé de 500 000 soutiens.
  6. W3C Verifiable Credentials Data Model v2.0, recommandation du 15 mai 2025.
  7. EU Digital Identity Wallet — Wallet for Issuers : exemple d’une autorité locale émettant une carte de résidence.
  8. CGCT — article L1112-15 : consultation des électeurs d’une collectivité, éventuellement sur une partie de son ressort.
  9. CGCT — article L1112-16 : initiative de consultation locale par une fraction des électeurs et décision de l’assemblée délibérante.
  10. Service-Public.fr — justificatif de domicile : dispositifs français actuels, dont Justif’adresse et le 2D-Doc.
  11. EU Digital Identity Wallet — Wallet for Issuers : page mise à jour le 20 juillet 2026 ; elle cite explicitement une autorité locale émettant une carte de résidence comme cas d'usage.
  12. OpenID for Verifiable Presentations 1.0, Final Specification du 9 juillet 2025 : protocole de demande et présentation de credentials.
  13. OpenID for Verifiable Credential Issuance 1.0, Final Specification approuvée le 16 septembre 2025 : API d’émission de credentials vers des wallets.

Cette page est une étude prospective et architecturale. Elle ne constitue ni un avis juridique sur les compétences d’une collectivité, ni une spécification cryptographique prête à déployer. Toute expérimentation réelle devrait faire l’objet d’une analyse juridique, RGPD, sécurité, accessibilité et gouvernance dédiée.