Commencer ici
Nous n’avons pas besoin d’être d’accord sur la réponse pour commencer. Nous avons peut-être d’abord besoin de découvrir ensemble la question que nous devons réellement poser.
Quand les réponses ne suffisent plus, ne cherchons pas immédiatement une nouvelle réponse.
Commençons par chercher la question.
Le point de départ
Un problème revient. Les solutions se succèdent. Les désaccords persistent. Chacun possède une partie de l’histoire, mais aucune réponse ne permet réellement de refermer la situation.
Nous pouvons alors faire autre chose que débattre immédiatement des solutions :
Cet accord est suffisant pour commencer.
Un chemin simple en cinq mouvements
Voir plus largement
Reconnaître que les réponses actuelles ne suffisent pas, ne pas conclure trop vite et mettre en présence ce que chacun voit : expériences, faits, données, contraintes, objections, intuitions et contradictions.
Faire travailler nos différences
Ne pas demander immédiatement qui a raison. Chercher ce que la rencontre entre les positions oblige le collectif à voir autrement.
Formuler la question ensemble
Faire émerger une question nouvelle, puis vérifier qu’elle contient suffisamment ce qui a été découvert sans effacer les désaccords importants.
Essayer et observer
Enquêter, expérimenter ou agir de manière limitée, puis regarder honnêtement ce que le réel confirme, déplace ou contredit.
Revoir si nécessaire
Si le réel révèle un angle mort, rouvrir la question sans revenir à zéro : le collectif repart avec la mémoire de ce qu’il a appris.
Ce que chacun peut apporter
Il ne s’agit pas seulement de donner son avis. Chacun peut engager une ressource utile à la recherche de la question.
Expérience
Ce que l’on vit, observe ou subit directement.
Connaissance
Expertise, données, études, mémoire du territoire ou du problème.
Contradiction
Ce qui ne rentre pas dans la représentation dominante et oblige à regarder autrement.
Capacité d’action
Temps, réseau, financement, infrastructure, pouvoir institutionnel ou capacité d’expérimentation.
Ce que nous acceptons en entrant
Nous acceptons d’engager des ressources pour la faire émerger.
Nous acceptons que ce que nous apportons puisse être transformé par la rencontre avec les autres et avec le réel.
Nous ne chercherons pas à stabiliser une réponse simplement pour avoir raison, mais pour pouvoir apprendre ensemble.
Quand savons-nous que quelque chose a réellement changé ?
Pas lorsque tout le monde pense pareil.
Quelque chose a changé lorsque le groupe peut dire :
Une compréhension nouvelle a alors commencé à apparaître.
Et si cette compréhension permet de poser une question que personne n’aurait pu produire seul, le collectif a réellement appris quelque chose ensemble.
Le consensus porte d’abord sur la posture
Le consensus de posture ne porte pas sur une réponse partagée. Il consiste à accepter de chercher ensemble sans refermer trop tôt la question.
Il peut devenir :
Nous pouvons rester en désaccord sur ce que nous pensons que l’expérience montrera. Le désaccord cesse alors d’être un obstacle : il devient une ressource pour l’apprentissage.
Et ensuite ?
Une fois la question suffisamment claire, nous pouvons chercher ce qui entretient réellement le problème : les règles, les habitudes, les incitations, les relations ou les contraintes qui se reproduisent malgré les solutions successives.
Nous pouvons ensuite imaginer une autre manière de faire, l’éprouver dans un cadre limité et observer ce qui change réellement.
Le but est de devenir collectivement capables d’apprendre de ce que le réel nous montre.
Ce que ce chemin produit
Question partageable — V1
Une question que le collectif reconnaît comme suffisamment juste pour engager une enquête, une expérimentation ou une action.
Mémoire du discernement
La trace de ce qui a fait évoluer la question : contributions structurantes, tensions, déplacements, désaccords, pertes possibles et conditions de réouverture.
Pour comprendre ce qui se joue entre les participants
La page suivante décrit comment un groupe peut devenir un Nous discernant : non pas en pensant pareil, mais en permettant à ses différences de produire une question qu’aucun participant ne possédait seul.
Un collectif commence réellement à apprendre lorsque ses différences lui permettent de comprendre quelque chose qu’aucun de ses membres ne pouvait comprendre seul.